Régime Paléo
Articles

Les palais de l’esclavage




Le romancier noir Colson Whitehead revisite l’histoire de la traite négrière. Sur un ton froid et distancié, il contourne les clichés et démontre, s’il le fallait encore, combien la mémoire de ce passé est restée à fleur de peau.
Les États-Unis n r de ont sans doute jamais lécher la grande ’en fini blessure de leur histoire : l’esclavage. C’est au tour de Colson Whitehead de rouvrir la plaie, avec un roman qui lui a valu le National Book Award 2016 et a été propulsé d’emblée au rang de bestseller,notamment grâce aux bons offices de la toute-puissante Oprah Winfrey et de son émission de télévision à succès.Il faut dire que l’auteur « a été célébré aux États-Unis avec enthousiasme, comme un fils prodigue qui rentre au pays », écrit Thomas Chatterton Williams dans la London Review of Books. Issu de cette grande bourgeoisie noire qu’il a gentiment brocardée dans son précédent succès, Sag Harbor, Colson Whitehead (« Tête blanche » en anglais) manie son délicat sujet avec beaucoup d’originalité et d’impertinence.
L’originalité, d’abord : pour fuir un maître sadique, la jeune Cora a recours au fameux underground railway, nom donné à un réseau d’activistes blancs qui aidaient les esclaves à gagner les États non esclavagistes du Nord. Sauf que, dans le roman de Whitehead, il s’agit d’un chemin de fer souterrain bien réel, avec ses gares, ses rails, ses tunnels, ses locomotives.

Les palais de l'esclavage 1

Mais les stations de ce train de l’espoir sont plutôt celles d’un chemin de croix – « nouvelle incarnation du mal que fait surgir en chacun de nous le poison de l’esclavage »,analyse l’écrivain colombien Juan Gabriel Vásquez dans les colonnes du New York Times. Le douloureux parcours de Cora, depuis la Géorgie tout entière livrée au dieu Coton, donne à voir, « comme un train fantôme de parc d’attractions, à chaque arrêt,un nouveau tableau illustrant la barbarie de la suprématie blanche », résume quant à elle la critique Laura Miller dans Slate.

Cliquez sur ‘Page suivante ‘pour continuer, et n’oubliez pas de PARTAGER avec vos amis Facebook.

1 2Page suivante
Tags
Bouton retour en haut de la page