Histoire & Géographie

Atlas des français : Pratiques, passions, idées, préjugés

125 cartes et infographies pour dessiner un portrait contrasté, vivant et surprenant de ce peuple méconnu : les Français ! En moyenne, durant les cinquante dernières années, le niveau de vie, d’éducation et de santé des Français a progressé. En dépit de l’individualisation des comportements, les Français restent attachés au modèle de l’homme éclairé, raisonnable et sociable, solidaire et humaniste. Les garçons décrochent plus souvent du système scolaire, les filles sont plus performantes et se cultivent davantage. L’auteur décrit avec pertinence et objectivité les Français, leurs pratiques, leurs passions et leurs valeurs, loin des préjugés souvent véhiculés par les discours publics.
Préface:
Les explorateurs ont souvent commencé leurs voyages en rêvant devant des cartes.Cet Atlas des Français agit presque à l’inverse.
Il a pour objectif de transformer le pays que l’on croit connaître en terra incognita, grâce aux sciences sociales associées à la cartographie. C’est à chaque lectrice ou lecteur de revoir des cartes connues, pour une révision toujours nécessaire ; de découvrir des cartes surprises, celles auxquelles on n’aurait pas pensé ; d’imaginer les cartes manquantes.
À nous de jouer, en étant actif devant ce savoir mis en forme, mis en carte. Comme pour toutes les choses de la vie dans une société individualiste, chacun a le droit de produire son atlas personnel. Tout comme les femmes et les hommes qui se marient aujourd’hui n’acceptent d’entrer dans « le » mariage qu’à la condi- tion de le transformer en « leur » mariage – et le ma- riage pour tous amplifiera cette conversion -, le sa- voir n’a de sens que s’il est transformé par nos soins pour se l’approprier.
J’ai donc joué en recevant les épreuves de cet ouvrage ! / Atlas des français : Pratiques, passions, idées, préjugés / Je n’ai pas trouvé une carte, peut-être impossible à établir en l’état des données : celle de l’évolution du sentiment d’appartenance à la France. En effet, par construction, établir un Atlas des Français repose sur l’idée que la dimension nationale est importante – au- delà de la définition objective de la nationalité, inscrite sur la carte d’identité – dans la définition personnelle de chacun. On peut être objectivement français et se sentir plus ou moins « français », tout comme on peut ne pas avoir un sentiment d’appartenance fort aux catégories d’âge, de milieu social, de sexe, de culture d’origine auxquelles la société nous rattache et nous définit d’un point de vue extérieur.

Atlas des français : Pratiques, passions, idées, préjugés en images :

Voilà quelques extraits en texte à parir du livre Atlas des français : Pratiques, passions, idées, préjugés pdf:
Le processus d’individualisation, propre aux sociétés contemporaines, pose la question de la déconnexion possible entre une appartenance « objective » et le sen- timent d’appartenance. C’est ainsi que se construit une identité personnelle, à partir d’éléments objectifs mais dont la hiérarchisation et la pondération dépendent de l’individu. Cette déconnexion est visible avec la tension entre le sexe et le genre personnel, ou entre la classe sociale objective et la position sociale subjective, ou encore avec la variable « âge ». C’est ainsi que des personnes « âgées » selon les statistiques, caractérisées ainsi avec le seuil de 60 ans, refusent d’être mises dans cette catégorie et ont imposé un compromis avec le terme « senior ».
Pour en revenir à la variable « France », une des ques- tions que l’on peut se poser est celle de l’adhésion à la nation. On sait que depuis la Révolution française, la conception de la citoyenneté en France, plus masculine que féminine, s’est inscrite non seulement dans le vote, mais aussi dans la conscription, avec le service militaire. Sa mort programmée en 1996, effective en 2001, a traduit incontestablement la disparition d’un des critères historiques les plus importants de l’appartenance (masculine) à la nation. Son remplacement, partiel, avec le service civique, reflète plus, à mon sens, un sentiment d’appartenance à l’humanité (comme le démontre d’ailleurs la croissance des mouvements dits « humanitaires »). Cette question de l’identification est centrale pour les femmes et les hommes politiques qui doivent parler aux « Français », en ignorant jusqu’où ce groupe existe subjectivement, en ne sachant pas quels sont les Français qui composent leur identité personnelle avec ce critère, et même ceux qui se définissent en priorité par ce trait.
Si la crise durable est mal vécue et se traduit pour les Français, jeunes ou moins jeunes, par un moral en berne, c’est peut-être pour cette raison : l’affaiblisse- ment du sentiment d’appartenance à la nation, au moins pour certaines catégories. La France n’est pas une terre inconnue, même si le sentiment d’appartenir à cette nation n’est pas développé, concurrencé par d’autres enracinements identitaires, la région, mais aussi les origines ou la famille…

Tags

Related Articles

Close

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker